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Lettre de Recommandation du Président de la Commission Episcopale pour la Liturgie et la Pastorale Sacramentelle  de France   -  Toulouse  -  Novembre 2010

 "" Depuis quelques années, des sections du Service d'Optimisation des Homélies Catholique ont vu le jour dans plusieurs diocèses. La mise en place d'une coordination nationale a permis au réseau des sections diocésaines de garder son unité : unité de méthode, unité de projet, unité d'esprit.  SOH a toujours eu le souci de travailler sous l'autorité et la vigilance de la hiérarchie ecclésiale.

La charte des membres de SOH exprime bien cet esprit de service de l'Eglise, service de la Parole de Dieu dans le service concret du ministère de la prédication (cf. les statuts et charte des membres). C'est pourquoi SOH demande à ses membres de lier ensemble :

          ●  leur compétence dans le domaine de la communication orale,    

          ●   le ressourcement spirituel personnel et la prière pour les ministres de la Parole de Dieu,

          ●   l'esprit fraternel dans un travail d'équipe.

Comme président de la Commission Episcopale pour la Liturgie et la Pastorale Sacramentelle, je donne mon soutien à SOH pour ce service. Monseigneur Michel Aupetit est désigné comme conseiller ecclésiastique auprès du service. 

                       + fr. Robert Le Gall,  Archevêque de Toulouse, Président CEPLS""

                                             *   *   *   *   *   *   *   *

SOHcatho, « Service d' Optimisation des Homélies - Catholique » est une association de laïcs au service des prédicateurs dont l’objectif est de les aider à optimiser leur communication orale afin que l’annonce du Christ soit entendue et comprise du plus grand nombre, notamment par les jeunes et les personnes en recherche. Pour cela, SOHcatho propose aux prêtres, diacres, séminaristes  et laïcs missionnés ( par exemple pour les funérailles ), des « ateliers de communication » avec un double objectif :

     1°  qu'ils évaluent comment ils sont entendus et compris par leur auditoire car habituellement ils n'ont aucun retour;     

     2°  qu'ils amplifient leurs chances de transmettre à leurs auditeurs, « la fascination de la figure du Christ, ouvrant la porte de leur intelligence et de leur cœur » (message final des évêques du Synode sur la  Parole de Dieu )                                                                                                                

       Les sections SOHcatho agissent sous le double contrôle, au niveau national, d'un Comité de Coordination auquel participe un représentant de la CEPLS  et, aux niveaux diocésains, sous celui des Evêques responsables ou de leur délégué.


Voyant la foule, il était ému de compassion pour eux car ils étaient comme des brebis sans bergers. Mt.9            



 ●  Les causes de la déchristianisation de l’Europe sont nombreuses.  A coté des causes externes à l'Eglise (sociologiques, culturelles, médiatiques, etc), l'insuffisance de formation de beaucoup de catholiques joue un rôle majeur. Nous en sommes tous partiellement responsables. Alors que par leurs études, nos contemporains ont été largement formés dans tous les domaines, philosophie, sciences et arts, la formation chrétienne de trop de catholiques est restée à un niveau  très insuffisant. Il est urgent de mieux les former

   -   à la compréhension de leur foi, 

   -   à la connaissance des différences avec celles des autres, 

   -   et au témoignage en tous milieux : réceptifs, indifférents, critiques, ou hostiles.

 
 ● Les homélies dominicales sont, pour beaucoup, l’unique occasion d’approfondir leur foi et, pour certains, de la découvrir. Cela a été rappelé en 2006 par la Conférence des Evêques de France dans le Texte National pour l'Orientation de la Catéchèse en France et en 2008 par les Evêques du Synode sur La Parole de Dieu : « l’homélie, aujourd’hui encore, est pour de nombreux chrétiens le moment capital de la rencontre avec la Parole de Dieu " . Les Evêques ajoutent: "Les mots de Jésus ne passaient jamais au dessus des têtes de ses interlocuteurs par l'usage d'un langage vague, abstrait et éthéré ; au contraire, il conquerrait son auditoire en partant précisément du sol... pour les conduire de leur quotidien au royaume des cieux."   

 
 ● Or trop d’homélies n’atteignent pas cet objectif pour une question de forme. Si beaucoup de prêtres ont des talents de communication remarquables, d’autres n’ont pas cette chance.  Les homélies trop longues, ennuyeuses, utilisant des mots obscurs ou trop éloignées des attentes des auditeurs peuvent avoir des conséquences négatives. D’autres développent tant d’idées et si rapidement que personne ne peut les suivre. Il ne suffit pas d’avoir une foi profonde, une solide formation et de connaitre les principes de communication pour être un bon orateur. Il y a loin de l’intention et de la théorie à la pratique. Dans l'enquête initiée par SOHcatho et publiée dans le Pèlerin du 19 février 2009, deux lecteurs sur trois ont estimé que les homélies qu'ils entendent habituellement ne peuvent toucher les chrétiens dont la foi est vacillante ou attirer des personnes en recherche et quatre sur cinq qu'elle ne peuvent séduire les jeunes.  


L’homélie a des contraintes spécifiques. Ni cours, ni séance de catéchisme, ni retraite, elle est un temps essentiel de la Messe. Le temps moyen de vigilance auditive étant limité à 8 minutes, les auditeurs doivent être accrochés dès les premières paroles : d’emblée, ils doivent ressentir que ce qui est dit n’est pas une dissertation théorique mais est essentiel pour leurs vies personnelles ou en société. L’homélie doit convaincre l’intelligence et le cœur. Pour parler à l’intelligence, le message doit être structuré en étapes logiques et clairement séparées, sans fondu-enchainé et avec des mots compréhensibles par tous. Pour toucher le cœur, l’orateur doit transmettre sa propre conviction à travers ses variations vocales, ses silences, son regard, sa gestuelle. Jamais un « bon devoir », lu d’une voie monocorde, n’a emporté la conviction des auditeurs. La mémorisation du message par ceux-ci implique une répétition intelligente: l’introduction pose la question initiale, les étapes y répondent, la conclusion résume le parcours. A la fin, la foi ne se limitant pas à une opinion, l’homélie doit proposer des actions concrètes (des modèles) pour la semaine qui commence : prière, lectures, attitudes ou engagements...


● L’homélie s’adresse à des niveaux culturels et de formation chrétienne très divers. Sans parler des différences d’âges et de milieux sociologiques, le prêtre a face à lui quatre types d’auditeurs : des chrétiens de conviction (qui ont soif de progresser) ; des chrétiens de tradition culturelle (qui, nés ailleurs, seraient musulmans ou hindouistes et ont tout à apprendre) ; des chrétiens d’occasion venus à l’occasion d’une fête ou d’un événement (ils ont leurs interrogations et pour eux l’homélie peut être une chance) et une proportion variable de personnes en recherche (ces brebis perdues pour lesquelles le Berger éprouve plus de joie en les retrouvant que pour les 99 autres). Parmi eux, beaucoup de jeunes... L’homélie doit n’en oublier aucun...

 ● L’homélie doit s’adapter aux hommes du temps présent : De tous temps, la communication orale s’est heurtée à deux murs, celui entre la pensée que l’orateur désire transmettre et les paroles prononcées et celui entre celles-ci et l’auditeur, chacun déformant le sens des mots en fonction de son vécu et de ses expériences. Or des exigences nouvelles ont surgi. La multitude de référentiels quotidiennement proposés  par les médias ayant tous leurs aspects séduisants, nos contemporains ne sont plus prêts à gober une foi toute faite : ils veulent comprendre et n’adhérer qu’au référentiel qu’ils auront choisi. La seconde difficulté tient au fait que notre société est habituée à débattre à propos de tout ; or à la messe, les auditeurs n’ont pas droit à la parole. Troisième difficulté, beaucoup de jeunes sont habitués à la pédagogie active : là où jadis, on écoutait des cours, ils sont plus souvent invités à consulter des ressources, à en faire l’analyse et la synthèse puis l’exposé. Cette « pédagogie active » stimule leur intérêt, aboutit à une meilleure compréhension, favorise la mémorisation et aboutit à des changements de comportement plus profonds. Enfin elle donne l’habitude de la formation continue, ce qui est aussi important pour la foi que pour la vie professionnelle. L’homélie, autrefois passive, doit donner à réfléchir.

 
● Ces difficultés sont-elles insurmontables ? Non ! Faire « une homélie qui porte » s’apprend en s’exerçant. Aucun conseil écrit ou oral ne remplacera le travail en atelier. Comme pour rouler en bicyclette ou nager, l’improvisation n’aboutit qu’à de piètres résultats. La plus sûre façon de progresser consiste à s’entrainer avec des auditeurs ayant, pour des raisons diverses, une certaine expérience. C’est le principe même de la formation donnée par SOHcatho : faire un diagnostic des points forts et des points améliorables avec des auditeurs respectueux et  bienveillants  pour savoir où on en est et  progresser. 

 
Laisserons-nous les progrès de la communication aux autres ? A chacun de répondre ! Les premières Sessions d’Optimisation des Homélies (SOH) ont débuté en 2007, dans le cadre de la Formation Continue des prêtres du diocèse de Paris. Ces sessions, destinées à des groupes de quatre prédicateurs, durent quatre demi-journées. Leur objectif est d’optimiser la forme sans toucher au fond et en valorisant les dons personnels de chacun. Fin 2010, 8 sections oeuvrent dans 9 diocèses de France. Cette formation a été suivie par 250 prédicateurs. A de rares exceptions près, tous estiment avoir progressé. (Voir : ce qu’en pensent ceux qui ont suivi les SOH). Parce que le besoin  est général, SOH crée tous les ans de nouvelles sections. Pourquoi pas demain dans le votre?      

         Comment nous joindre  ?     Consultez la page "Contacts et Infos"

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         Extraits du livre de Mgr Eterovic, archevêque et secrétaire du Synode sur la Parole de Dieu  (La Parola di Dio - Riflessioni sulla XII assemblea generale ordinario del sinodo dei Vescosi - Libreria Editrice Vaticana - 2010)

             "" En plus de la préparation qui concerne le contenu, il ne faut pas non plus sous-estimer des aspects plus formels, techniques, de la prédication. Dans l’archidiocèse de Paris, depuis 2007, il existe des sessions pour prêtres et diacres Optimiser les homélies (SOH), qui s’étalent sur quatre séances de deux heures et demie chacune. Elles ont pour but d’enseigner aux prédicateurs à mieux communiquer la Bonne Nouvelle, en touchant les cœurs et l’intelligence des fidèles. Les organisateurs ont préparé un guide général, avec des indications assez pratiques. (…) Comment attirer les jeunes dans nos églises, les intellectuels, les personnes en recherche de paix, d’harmonie, de bonheur ?

               Il serait opportun d’appliquer aux réalités d’autres pays, les recommandations (…) indiquées par les organisateurs de cette méthode.

                                                   Nikola Eterovic, Archevêque Titulaire ""

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